Grève des taxis: le malheur des uns fait le bonheur des autres

En région parisienne, le blocage du périphérique dès 6h00 du matin par les taxis en grève pour protester contre l’application Uberpop (mettant en relation chauffeur particulier et client) occasionne de nombreux  bouchons et du stress pour tous les parisiens devant se rendre au travail.

Les blocages des aéroports ensuite, notamment Orly et Roissy touchent cette fois l’ensemble des provinciaux se rendant en déplacement d’affaires à Paris et les touristes qui pour certains repartiront avec un souvenir amer de la capitale et des français.

Si quelques rares personnes indiquaient être étonnées de la densité de personne dans les transports en commun, tous les parisiens étaient au courant du mouvement de grève des taxis et avait pris leur disposition. Si les transports en commun restent la meilleure option pour se déplacer un tel jour de grève, le taxi moto reste une des alternatives les plus efficaces pour circuler dans la capitale embouteillée. Urban Driver a enregistré un volume d’activité 3 à 4 fois supérieur à la normale et n'a sur certain créneau horaires même pas pu absorber toute la demande sur son réseau de chauffeurs affiliés.

Les syndicats de taxi reçus en fin de journée à Matignon s’attendaient à une fermeture pure et simple de l’application UberPOP; malheureusment pour eux, les enjeux sont tout autres. L’époque d’un marché fermé (numerus clausus) sur lequel ont joué les taxis pour protéger leur gros gateau et faire grimper le prix des licences (Yann Ricordel, dirigeant de taxi Bleu indiquait un prix de license à Paris autour de 190 000€ contre 240 000€ il y a encore six mois) et ainsi s’assurer une belle retraite est belle et bien terminée et ce n’est pas nos politiques qui pourront arrêter l’innovation en France et dans le monde.

Il  n’y a pas d’autre issue pour les taxis que de se retrousser les manches et d’innover dans leur métier pour séduire de nouveaux les clients et avoir une approche commerciale et sociale pour les fidéliser. Dans le cas contraire, VTC et applications du type UberPOP continueront à leur prendre des parts de marchés.


Soutenir le développement des VTC

Après une première annonce réduisant à 15 minutes le délai minimum pour monter dans un VTC uniquement aux nouveaux clients/utilisateurs du service, le gouvernement a fait subitement machine arrière et imposerait ce délai de 15 minutes à tout le monde et annonce en parallèle la délivrance de 1000 licences de taxis supplémentaire.

 

A la lecture de cette première annonce, cette mesure semblait plutôt honnête et permettait de clairement indiquer aux VTC l’interdiction de prendre en charge des clients sans réservation préalable, phénomène qui se produit notamment aux abords des gares et aéroports et plus communément appelé dans le milieu, la « pêche ». Cette pratique arrive notamment lorsque les chauffeurs emmènent des clients à l’aéroport et une fois sur place, certains préfèrent aller proposer leur service directement aux clients dans l’enceinte de l’aéroport pour éviter d’effectuer le trajet retour à vide.

Cette pratique est bien sût totalement interdite aux VTC et réservés aux taxis parisiens et taxis de banlieue qui paient une License pour pouvoir prendre des clients dans la rue et dans les stations de taxis. Avec cette première annonce, les pouvoirs publics et notamment, les boers (la police des taxis) pouvait simplement faire appliquer la loi et réprimander facilement les VTC qui se risquerait à racoler la clientèle des taxis.

 

24 heures plus tard, le gouvernement annonce en fait qu’il s’agissait simplement là de piste de réflexion et que ce délai de 15 minutes serait en fait appliquer à tous les clients des VTC.

Quand on sait que 75% des voitures commandées via les centrales de réservation de VTC prennent en charge les clients en moins de 10 minutes, à quoi rime cette nouvelle réglementation si ce n’est à protéger le gros gateau des taxis et à donner un peu de temps au leader du secteur du taxi que sont G7 et taxis bleus pour mettre leur système d’information au niveau de ces nouvelles start-ups ?

Ce délai de 15 minutes ne vise qu’à freiner le développement de ces sociétés de VTC notamment auprès de la clientèle d’affaires qui voyait dans ce nouveau service une alternative très intéressante au quasi-monopole des centrales de réservation de taxi.  

 

Dommage encore une fois que le gouvernement ne sache prendre des positions visant à faire avancer la France et à permettre le développement d’un nouveau service de transport sans encombre, qui plus est avec un fort potentiel de création d’emplois.

 

Pour toutes ces raisons, je soutiens les vtc que sont Le Cab, chauffeur Privé et Snapcar pour signer la pétition visant à supprimer ce délai de 15 minutes minimum entre la réservation et la prise en charge d’un client et vous invite à consulter le site web relayant les parodies liées à ce délai de 15 minutes sur Twitter (www.pournepasfaireconcurrence.com).  

 


Nouvelle bataille des taxis pour protéger leur gros gâteau

Chauffeur_priveSi le service de taxi moto a longtemps été le chat noir des chauffeurs et syndicats de taxi qu’ils accusent de concurrence déloyale, ces derniers n’avaient apparemment pas vu venir avec  la loi du 22 Juillet 2009 le potentiel de développement des Voitures de Tourisme avec chauffeurs (VTC), plus communément appelé chauffeur privé.

Le taxi moto et les VTC sont pourtant bien des alternatives complémentaires aux taxis pour le client.

Le taxi moto utilisé majoritairement par les cadres et dirigeants d’entreprises permet de garantir un temps de trajet connu à l’avance à toute heure de la journée. En contre partie, il faut voyager léger, passer l’appréhension du deux roues, être seul, etc.

Le VTC, très développé dans les grandes villes comme NY et Londres avec plus de chauffeurs privés que de taxi classique permet toujours à l’avantage du client d’avoir une offre complémentaire avec un tarif fixe, pas de frais d’approche, un service haut de gamme avec des voitures Berlines type Mercedes Classe E, un chauffeur qui vous ouvre la porte et des petits bonus toujours appréciables: chargeur de téléphone, choix de la musique, bouteille d’eau etc.

Quant les taxis s’en prenaient aux taxis motos, on a toujours pensé chez Urbandriver qu’il n’avait jamais étudié en profondeur ce service puisque ce marché est une niche représentant environ 20 millions d’euros par an sur Paris soit une broutille par rapport au marché du taxi. (voir Etude ICI). C’est surement pour cette raison d’ailleurs que les centrales de taxi type G7 et autres ne cherchent pas à se positionner sur ce marché qui risquerait de créer des conflits avec leurs affiliés et qui est un marché trop petit.

Pour le VTC, il en est tout autrement car  le marché est beaucoup plus important. On dénombre actuellement à Paris entre 1000 et 2000 VTC vs 17 000 taxis et le marché n’en est qu’à ses balbutiements. A titre de comparaison on dénombre à Londres environ 50 000 minicabs pour 22 000 taxis et à New-York 40 000 chauffeurs privées pour 15 000 taxis. Donc oui le marché est potentiellement énorme et là, les taxis ont un peu plus de souci à se faire qu’avec les motos taxis.

Le lobbying des taxis ne souhaite pas partager son gros gâteau en argumentant notamment que la license est aujourd’hui évalué à environ 250 000€ sur Paris et tente donc de freiner ce développement en imposant par décret ou arrêté une mesure pour obligé un délai minimum de 15 voire 30 minutes aux chauffeurs privés pour prendre en charge leur clients ; Ce alors que toutes les sociétés actuellement en place, Chauffeur privé, Uber, Snapcar, Club Chauffeur, Lecab proposent des applications sur smartphones permettant de commander un chauffeur privé en temps réel avec des temps d’approche régulièrement inférieur à 10 minutes.

Nicolas Rousselet, président de l’Union nationale des industries du taxi indiquait recemment dans Les Echos: " Sans délai, grâce aux smartphones, les réservations des VTC équivaudraient à des commandes immédiates. Cela constituerait un contournement de la loi de 2009 (qui prévoit que le transport en VTC ne peut se faire que sur réservation préalable), seuls les taxis étant autorisés à attendre la clientèle sur la voie publique.et mettrait en péril la profession de taxi très réglementée".

Il est également question de limiter le service de VTC aux seuls touristes et non à la clientèle d'affaires et aux noctambules. Jean-Michel Rebours, président de l’Union de défense des taxis parisiens (UDTP) et trésorier adjoint de la Fédération nationale des artisans du taxi (Fnat) déclarait récemment dans Liberation « Les VTC dépendent du ministère du Tourisme, ils devraient donc uniquement faire du transport de touristes. »

Toutes ces nouvelles start-up attendent impatiemment la réponse du gouvernement qui  devra se positionner entre immobilisme et défense des intérêts des taxis ou ouverture de ce marché plein d’avenir qui devrait créer de nombreux emplois et apporter aux consommateurs une nouvelle alternative au transport urbain.