Question conso: motos ou taxis? JT de 20H sur FR2
Motocab: Mr Hervé rappelle les prévisions du groupe pour les prochains exercices

Les motos-taxis devraient être réglementés prochainement

Moto_taxi_08 Ils sont plusieurs centaines à circuler dans la capitale et les grandes villes de province, et ce sans aucun contrôle spécifique. Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur s’apprête à mieux encadrer l'activité des moto-taxis.

SUR DES CHAPEAUX de roue. C’est dès la rentrée que le ministère de l’Intérieur a prévu, selon nos informations, de s’atteler à la réglementation des motos-taxis. Il y a urgence. Car le secteur, en pleine croissance, souffre d’un sérieux vide juridique.

Une activité qui explose.
Apparus pour certains il y a plus de vingt ans dans la capitale, les motos-taxis ont mis deux décennies à s’installer dans le paysage.

Aujourd’hui, ils seraient entre 150 et 300 à Paris, les autorités avouant ne disposer d’aucun chiffre officiel. La plupart sont des indépendants, seules quelques entreprises se détachant du lot. Patron d’un des leaders du secteur, Philippe Hervé est très optimiste. Sa société, MotoCab, est entrée en Bourse le 30 juillet. Une introduction certes faite sur le marché libre, réservé aux toutes petites structures. Mais c’est un début. D’autant que, parmi les actionnaires, figure un de ses fidèles clients : le chanteur et comédien Patrick Bruel. MotoCab s’attend à voir son chiffre d’affaires multiplié par sept d’ici l’an prochain pour atteindre 13 millions d’euros en 2009 et 27 millions en 2010.

Une réponse à un réel besoin. Ce succès, que partagent des entreprises comme City Bird ou Skoot, tient à une demande en plein boom. Tout d’abord parce que la capitale manque de taxis. « Le nombre de taxis à Paris n’a pas évolué depuis quinze ans. Ils sont quinze mille », soulignait au printemps Michèle Alliot-Marie dans nos colonnes (nos éditions du 28 mai). Mais aussi et surtout parce que, pour les clients, le deux-roues est synonyme de sérieux gains de temps.

Une réglementation spécifique. En matière de moto-taxi, « nous sommes face à un vide juridique », soulignait sans ambages le préfet Pierre Chassigneux, dans son rapport sur les taxis, remis au printemps au gouvernement. Et pour cause : alors que les taxis « à quatre roues » possèdent une licence et sont scrupuleusement contrôlés par les pouvoirs publics, rien de tel aujourd’hui pour les deux-roues. Ces derniers ne font en effet l’objet d’aucun contrôle particulier, tant d’un point de vue technique qu’au niveau de l’assurance. Et c’est avant tout à cela que le gouvernement entend répondre. Selon nos informations, le ministère de l’Intérieur se penchera donc sur deux points prioritaires à la rentrée : l’assurance, l’objectif étant de vérifier que chaque pilote est en règle ; et s’assurer de la solidité et du sérieux de l’ensemble des entreprises du secteur et des pilotes qu’elles emploient. Cela devrait passer par une autorisation préfectorale de l’activité, aujourd’hui inexistante. Des contraintes que les professionnels eux-mêmes appellent de leurs voeux. « Nous réclamons une réglementation qui permettrait de s’assurer du sérieux de l’ensemble des acteurs du secteur », confirme Philippe Hervé.

Source: Le Parisien - Olivier Aubry

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